Critique – Les Habitantes – Pauline Peyrade – Minuit
Emily, peu douée pour les relations sociales, vit avec sa chienne Loyse dans la maison qui appartenait à sa grand-mère.
Elle reçoit régulièrement des courriers du notaire et de son père, dont on ne connaîtra que l’initiale du prénom Y, avec lequel elle est fâchée, lui enjoignant de se décider à vendre pour partager l’argent entre elle, sa sœur Anna et son géniteur.
À ces lettres, elle ne répond jamais, se refusant à liquider le gîte où elle a trouvé refuge, préférant se balader dans la campagne environnante, flanquée de sa fidèle compagne.
Dans une écriture lyrique, envoûtante, sensorielle, parfois très crue et traversée par le foisonnement du vivant, Pauline Peyrade propose une expérience de lecture singulière qui nous entraîne au plus près de la nature et de son observation méticuleuse, quasi entomologique, abolissant les frontières entre le minéral, le végétal, l’animal et l’humain.
Elle nous suggère une autre relation, presque fusionnelle, avec notre environnement.
Chez elle, les paysages façonnés par les agriculteurs en fonction des besoins de populations, ne sont pas qu’une toile de fond, ils sont des acteurs puissants et indispensables.
Si sa voix fulgurante, qui se décline au féminin, est originale, elle souffre, selon moi, d’un excès de métaphores et d’une surabondance descriptive qui rendent le texte, un peu trop long, un brin indigeste et redondant.
Pour entrer pleinement dans « Les Habitantes », il faut accepter de se laisser porter par ce style si particulier.
Si j’y ai adhéré, dans un premier temps, je m’en suis lassée au mitan du récit.
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