
Critique – La Petite fasciste – Jérôme Leroy – La Manufacture de livres
Quatorze ans après, nous retrouvons certains personnages du « Bloc » dont « La Petite fasciste » serait une sorte de préquel.
Sauf que ce qui pouvait sembler dystopique en 2011 se rapproche de plus en plus de notre réalité.
Jérôme Leroy annonce d’emblée la couleur : notre République vit ses dernières heures.
Le chef de l’État, alias le Dingue, use et abuse de l’arme de la dissolution mettant l’ensemble de la classe politique sur les nerfs.
L’extrême droite va-t-elle l’emporter ou le front républicain va-t-il une nouvelle fois fonctionner ?
Pour les soutiens du Bloc, la victoire semble proche. C’est ce qu’espèrent les fachos des Hauts-de-France qui ont plus que jamais le vent en poupe.
Pour se hisser aux plus hautes fonctions et poursuivant leur stratégie de dédiabolisation, Agnès Dorgelles et ses sbires commandent aux « Lions des Flandres » de faire profil bas. Mais le naturel revient au galop…
À gauche, les tripatouillages vont bon train au sein des différences mouvances. Pour faire barrage au Bloc, une Union populaire de circonstance a été formée et elle est dominée par les Insurgés dont le chef Machecourt ressemble étrangement à Mélenchon.
Deux personnages émergent de ce chaos.
- Francesca Crommelynck est surnommée « la petite fasciste » depuis son enfance. Biberonnée aux thèses identitaires par sa famille, elle fait une volte-face radicale à la suite de la découverte d’un secret familial et d’une trahison.
- Patrick Bonneval est un obscur député de gauche, tendance sociale-démocrate. À la faveur de la pagaille, il pourrait bien devenir Premier ministre.
Avec un humour toujours aussi corrosif, Jérôme Leroy croque la vie politique, sa violence et ses déloyautés avec une lucidité intacte.
Mais, compte tenu de la taille modeste du roman, je suis restée un peu sur ma faim et n’ai pas cru une seconde à l’histoire d’amour entre les deux protagonistes.
EXTRAIT
– On ne va pas rester là, mous comme des démocrates.
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