Critique – La Braise en héritage – Claire Vergier – Seuil

Critique – La Braise en héritage – Claire Vergier – Seuil


Sur près de quatre siècles et quinze générations, Claire Vergier, qui signe ici son premier roman, raconte les destins de dix femmes d’une même lignée : de Catherine, condamnée à être brûlée vive pour sorcellerie à la fin du 17e siècle, et dont les cris ont ricoché « de siècle en siècle », à Emma, jeune femme à l’heure des réseaux sociaux fraîchement indépendante, en passant par Édith qui prend soin des blessés de la Première Guerre mondiale.

Contre la société patriarcale à laquelle se soumet la majorité de la gent féminine, les héroïnes de « La Braise en héritage » se distinguent en affirmant avec force et goût de la liberté leurs aspirations professionnelles et leurs engagements.

Même si leurs personnalités sont différentes, ce qui a pour conséquence un attachement variable en fonction de la sensibilité du lecteur, elle ont toutes en elles un feu intérieur qui brûle et qui les fait avancer.

Via ces portraits, dont certains sont inspirés de personnages réels (la guérisseuse Michée Chauderon, l’une des dernières femmes exécutées pour sorcellerie en 1652 à Genève ; Madeleine Brès, la première Française à avoir obtenu un doctorat en médecine en 1875 ; Rosa Bonheur, immense artiste peintre et figure de la cause homosexuelle), l’autrice souligne avec passion les batailles que toutes ces femmes ont menées contre les conformismes, la misogynie et les peurs que leur émancipation pouvait représenter pour l’ordre établi, traçant, chacune à sa mesure, le chemin de l’affranchissement et de la conquête des droits dont bénéficieront leurs sœurs.

Cette lutte fut d’autant plus ardue que la femme dégage une aura nimbée de mystère et détient un pouvoir que l’homme n’aura jamais : celui de donner la vie.

Et c’est peut-être l’une des raisons de la violence qui s’exerce sur elle.

Enfin, Claire Vergier, dans une démarche influencée par la psychogénéalogie, insiste sur l’importance de la transmission. Souvent pour le meilleur…

Je remercie Babelio et les Éditions du Seuil pour cette lecture.

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