Critique – Un homme seul – Frédéric Beigbeder – Grasset

Critique – Un homme seul – Frédéric Beigbeder – Grasset


Frédéric Beigbeder m’a toujours semblé, avec ses provocations souvent réac et son comportement de dandy désabusé, n’être jamais sorti de l’adolescence.

Il le prouve dans son dernier livre qui est certainement le plus intime avec « Un roman français ».

« Un homme seul » est l’histoire d’un ado écrite par un ado, d’un père raconté par son fils, d’un géniteur dépeint par celui dont il s’est très peu occupé, accaparé qu’il était par sa carrière de chasseur de tête et ses conquêtes féminines.

C’est après sa mort, moment où le flamboyant Jean-Michel Beigbeder a perdu de sa superbe, que l’auteur de « Windows on the World » est parti en quête de celui qu’il appelait papa.

Tout commence, comme toujours, par l’enfance, une enfance marquée par la blessure de son envoi dans un pensionnat catholique du Tarn alors qu’il n’avait que huit ans !

Tout, dans son parcours, tente de combler cette meurtrissure faite de faim, de froid et de manque d’amour par une boulimie de bouffe, d’argent et de femmes.

Avec une vraie tendresse pour son objet d’étude, qui ne masque pas la souffrance de l’abandon, Frédéric Beigbeder a composé un portrait touchant entaché par des formules pas toujours heureuses qui rappelle son passé de publicitaire.

Il fait aussi le portrait d’une époque, celle de l’insouciance et des années fric.

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