Critique – La Vie extraordinaire d’un homme ordinaire – Paul Newman – La table ronde

Critique – La Vie extraordinaire d’un homme ordinaire – Paul Newman – La table ronde


Les mémoires de stars de cinéma ne m’ont jamais particulièrement intéressée. Grâce à ou à cause d’Olivia de Lamberterie qui le recommandait chaudement dans « Le Masque et la Plume », j’ai sauté le pas avec cette « Vie extraordinaire d’un homme ordinaire » regroupant des souvenirs de l’acteur écrits à la première personne, des témoignages de ceux qui l’ont connu et une iconographie qui nous rappelle combien Paul Newman, disparu en 2008, était beau.

Derrière la façade se cache un homme qui doute taraudé par le syndrome de l’imposteur.

Paul Newman naît en 1925 dans une petite ville de l’Ohio dans une famille bourgeoise composée d’un frère aîné, d’un père taiseux et d’une mère cyclothymique qui voit dans son cadet un objet d’ornement.

Toute sa vie il tentera de prouver qu’il est autre chose qu’une apparence. Avant de devenir une immense vedette il a pratiqué de nombreux petits boulots pour être autonome. C’est un peu le hasard, qu’on peut aussi appeler la chance, qui lui ouvre les portes du théâtre, puis du cinéma.

En dehors de son sex-appeal envoûtant, il est perçu souvent comme un être froid et distant. Il tente de rétablir la vérité en admettant qu’il a longtemps été dénué d’émotions, conséquence d’une absence d’affection dans sa jeunesse.

Tout au long de cette autobiographie, il n’a de cesse d’insister sur sa « normalité » ne cachant pas son alcoolisme dévastateur pour son entourage.

C’est en fait la pudeur et la modestie qui semblent le caractériser : – par rapport à son travail : « je suis comme un comptable qui va au boulot tous les matins ».

– par rapport à ses activités philanthropiques dont il ne se vante pas, considérant que donner quand on a beaucoup est une évidence.

Ce ne sont pas ces révélations qui dessinent le portrait d’un homme secret qui sont les plus passionnantes.

Si ce livre présente un intérêt, c’est plutôt du côté de la description de l’industrie cinématographique avec la toute-puissance des studios qui enchaînent ses acteurs qu’il faut chercher.

Cette perspective n’a malheureusement pas été suffisamment fouillée.

EXTRAITS

  • Je ne crois pas que les gens trop sensibles soient armés pour ce monde.
  • Paul buvait pour survivre à la nuit.
  • Je me suis longtemps cru une sous-merde, et ça vient bien de quelque part.

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