Critique – Chimère – Julie Wolkenstein – P.O.L


Dans ses interviews, Julie Wolkenstein confiait que le « polar » était l’un de ses genres littéraires préférés.

Avec « Chimère », elle a franchi le pas de l’écriture d’un rompol, dont elle a retenu deux caractéristiques essentielles : la mort violente et l’enquête.

Sur celui qui fut assassiné par une douce soirée romaine de l’année 1994, on ne pleurera pas.

Qu’il s’agisse de son épouse Isabelle, de Henriette, la meilleure amie de cette dernière, de sa sœur Amelia, ou encore de Serena, sa maîtresse, et le personnage le plus intéressant, qui le précipita dans le Tibre alors qu’elle était, selon elle, en situation de légitime défense, Osmond était, de l’avis de toutes, un sale type, un séducteur manipulateur et misogyne qui, sous des dehors d’homme dédaignant l’argent et affichant des positions de gauche, aimait le fric et la reconnaissance sociale.

Seul son amour inconditionnel pour Iris, sa fille dont l’identité de la mère est un mystère, pouvait le racheter. Sauf que cette affection était un brin étouffante…

Plus de vingt-cinq ans après la disparition du tyran, cinq voix de femmes, les quatre citées ci-dessus auxquelles il faut ajouter celle de Lidia, la grand-tante d’Isabelle, s’élèvent pour donner leur version de l’affaire.

Malgré une bande-son délicieuse qui fleure bon le disco et un charme vénéneux qui se dégage des lieux, de la Città eterna à Saint-Pair dans la Manche, endroit récurrent dans son œuvre, Julie Wolkenstein, en se lançant dans un roman-concept, a en partie raté, selon moi, son objectif.

La construction est un peu sibylline et on s’ennuie souvent à écouter les témoins qui se répètent, tournent en rond et dont les personnalités ne sont pas assez différenciées pour donner du souffle au récit.

Cela ne m’empêchera pas de lire d’autres livres de l’autrice dont j’avais beaucoup aimé « Adèle et moi » (2013).

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