Critique – Ce qu’il advint du sauvage blanc – François Garde

Critique – Ce qu’il advint du sauvage blanc – François Garde


J’avoue dès le départ que le côté pompeux du titre du Goncourt du premier roman 2012 ne m’a pas convaincue mais ce n’est qu’un détail.

Pour écrire son livre, François Garde s’est inspiré d’une histoire vraie.

Narcisse Pelletier, jeune matelot d’origine vendéenne, est débarqué sur une île au large de l’Australie en compagnie d’une partie de l’équipage. « Oublié » par ses camarades, Narcisse va y passer la moitié de sa vie au milieu d’une tribu.

L’acclimatation à cette nouvelle vie va être laborieuse pour le Français. Il souffre de la faim, de la chaleur et, surtout, de l’indifférence des autochtones. Seule une vieille femme va prendre soin de lui en lui apportant à manger. Peu à peu, il s’habitue à cette vie, à se promener nu, à chasser, à pêcher. Et il oublie son existence passée (on a un peu de mal à le comprendre!). A moins qu’il ne fasse semblant…

Dix-huit ans après son arrivée, un navire anglais le récupère. Il est alors confié à Octave de Vallombrun, un explorateur français, qui se passionne pour cet homme.

Parallèlement à la description de la vie quotidienne de Narcisse et de ses états d’âme, on peut lire les lettres qu’Octave écrit au Président de la Société de Géographie dont il est membre. Il y relate les progrès de Narcisse pour renouer avec la « civilisation ». Mais il fait part aussi de ses déceptions concernant le refus de Narcisse de parler de son expérience chez les indigènes. Pendant son long exil, Narcisse a désappris certaines règles, parfois hypocrites, qui régissent nos sociétés occidentales. Il a perdu par exemple tout sens de la pudeur.

Durant dix-huit ans, il s’est contenté de vivre avec ses compagnons dans une nature parfois hostile contre laquelle il faut se battre pour survivre.

Evidemment, de retour en France, la bonne société se moque de ce sauvage blanc qui ne sait plus parler sa langue natale, qui n’a pas le sens de la propriété, qui ignore l’existence de la prostitution…

Seul Octave semble le comprendre même s’il vit à une époque, le 19ème siècle, qui hiérarchise les cultures.

Ecrit dans une langue classique, volontairement désuète pour la partie épistolaire, « Ce qu’il advint du sauvage blanc » est un joli texte sur l’altérité.

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