Critique – La fortune de Sila – Fabrice Humbert

Critique – La fortune de Sila – Fabrice Humbert


J’avais « adoré » le précédent roman de Fabrice Humbert, « L’origine de la violence », réflexion lumineuse sur le mal. J’avoue que « La fortune de Sila », malgré sa construction savante, m’a un peu déçue même si le texte est d’un bon niveau (mais quand on aime, on devient plus exigeant !).

Le roman commence par une scène d’une grande violence : dans un grand restaurant parisien, un Américain, agacé par le geste d’un serveur demandant à son fils de se tenir tranquille, lui met son poing dans la figure, lui cassant le nez.

Cet acte finalement banal va plonger les témoins de la scène dans le chaos : Simon, le matheux surdoué, entraîné dans le monde de la finance ; Matthieu, son « meilleur » ami, un séducteur cynique ; Lev, l’idéaliste russe, qui a renié ses convictions par goût de l’argent et du pouvoir ; Mark, l’auteur du coup de poing. Et puis, il y a les femmes, celle de Lev et celle de Mark, toutes deux très dignes. Tous vont finir par se retrouver au hasard de leurs parcours.

Réflexion sur la lâcheté, le destin, la manipulation, l’ambition, « La fortune de Sila » pêche par un style parfois maladroit et par un excès de caricatures et de bons sentiments mais cela reste du très bon travail.

Cerise sur le gâteau : la crise des subprimes est extrêmement bien décrite dans une écriture quasi journalistique.

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