Critique – Une unique lueur – Fred Vargas – Viviane Hamy
Après l’immense déception à la lecture de « Sur la dalle », c’est un peu à reculons que je m’apprêtais à me plonger dans le nouvel opus de Fred Vargas en espérant qu’elle n’allait pas réitérer la paresse créative qu’elle avait manifestée en 2023.
Si tout commençait bien, le récit déployé sur plus de cinq cents pages dans « Une unique lueur », et que je ne résumerai pas, s’est assez rapidement englué dans un salmigondis volontairement abscons.
Comme si l’autrice avait voulu se racheter de ses précédents errements en chargeant un maximum le portrait d’Adamsberg. Jusqu’à la caricature et à l’indigestion !
Le « pelleteux de nuages » est en effet plus que jamais sujet à des divagations sibyllines, une impression renforcée par une intrigue passionnée et passionnelle tout aussi hermétique que le puits de science qu’est Danglard déguste à petites bouchées gourmandes, tout en enfilant des verres de « Château-Montier », un vin blanc demi-sec titrant tout de même 13,5°.
Le commissaire pousse son épuisette jusqu’à plus soif, continue de buter sur certains mots, affirme sans cesse qu’il ne sait pas, manie à tout bout de champ de nouveaux mots – jonction, jonctionner, jonctionnement – qu’il décline à l’infini, entretient toujours son don d’apaiser par une simple apposition de ses mains, digresse sur la couleur des choux, est obsédé par un assassin désespérément désespéré…
Toujours dans le registre de l’exagération, Vargas s’en prend au Nouveau flic dénommé Rivière, un Viking débarqué de Saint-Lô forcément doté d’une « peau pâle » « sensible aux coups de soleil »…
Ce roman me laisse donc une sensation mitigée.
Plutôt positive pour la première partie, plutôt négative pour la suite qui nous embarque, depuis Paris, à Los Angeles qui fut le creuset de l’Âge d’or du cinéma américain et du couple mythique que formèrent Lauren Bacall et Humphrey Bogart, mais aussi à La Haye-d’Yvetot, qui n’est autre en réalité que La Haye-de-Routot dans l’Eure en Normandie, où trônent deux magnifiques ifs millénaires.
Sans oublier une incursion dans la vie tourmentée de Gérard de Nerval.
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