Critique – Le Temps des bêtes féroces – Victor Del Arbol – Actes Sud
Deuxième opus de la trilogie consacrée à un mystérieux tueur à gages mexicain qui ressentirait une certaine empathie pour ses victimes, « Le Temps des bêtes féroces » est un voyage au cœur de la barbarie absolue dans le temps – des années 1970 à 2008 au cours de laquelle la crise des subprimes ébranla le monde – et dans l’espace – de l’ex-Yougoslavie à l’Italie, en passant par le Mexique, Barcelone et Lanzarote, cette île des Canaries aux paysages lunaires -.
Depuis « La Tristesse du samouraï » (2011) qui l’a fait connaître, Victor Del Arbol explore les failles humaines, celles dont on ne revient jamais tellement le mal est ancré comme une marque indélébile et celles qui sont notre lot quotidien faisant des pauvres hères que nous sommes des êtres ni innocents ni coupables, confrontés à des choix difficiles à prendre et plongés dans une zone grisâtre d’où peut parfois émerger la lumière.
Récit tentaculaire très maîtrisé, le dernier roman de l’auteur catalan, qui progresse dans la dissection fine de la nature humaine, ne sombre jamais dans le sensationnalisme et le manichéisme le plus simpliste.
Et ce, malgré son extrême noirceur !
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