Critique – Les prépondérants – Hédi Kaddour

Critique – Les prépondérants – Hédi Kaddour


Nous sommes dans les années 1920 en Tunisie. Malgré l’occupation française, la vie semble bien paisible dans la petite ville de Nahbès. C’est sans compter sur l’arrivée d’une équipe de cinéma venue des Etas-Unis pour tourner un film.

Ce petit monde bruyant va bouleverser l’ordre bien établi. Alors que les hommes descendent des bouteilles de whisky dans les tripots, les femmes se baladent dans les rues, leurs atouts physiques étalés au grand jour.

Cette intrusion va titiller le conformisme des « Prépondérants », les coloniaux, et raviver les nationalismes dont celui de Raouf, l’un des personnages forts du roman.

Après le Maghreb, une partie du groupe part en France puis en Allemagne où commencent à résonner les bottes nazies. Là-bas aussi, l’Histoire ne va pas tarder à basculer.

A travers les destins individuels de Rania, la veuve tunisienne indépendante qui gère seule son domaine alors que son frère cherche à tout prix à la marier, de Kathryn, l’actrice américaine qui s’amourache de Raouf, Gabrielle, la journaliste lesbienne et, surtout, Ganthier, le colon réactionnaire dont la position sur les relations entre la France et son protectorat évolue, Hédi Kaddour peint un monde qui va bientôt disparaître.

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