Critique – Les Effinger – Gabriele Tergit – Christian Bourgois

Critique – Les Effinger – Gabriele Tergit – Christian Bourgois


Présenté comme la version juive berlinoise des « Buddenbrook » de Thomas Mann, « Les Effinger » a commencé à être écrit en 1933 pour être terminé en 1950.

Son autrice a mis beaucoup d’elle-même dans ce pavé de près de mille pages qui parcourt la période 1878-1948 au cours de laquelle évoluent quatre générations d’industriels et de banquiers allemands.

Paul et Karl sont deux frères issus d’une famille d’horloger de la Franconie. Sans être orthodoxe, le père est pratiquant. Les garçons s’envolent à Berlin pour monter une affaire de fabrication de vis. En épousant Annette et Klara Oppner, filles d’un banquier, ils rejoignent la grande bourgeoisie berlinoise.

Témoignage d’une époque révolue bouleversée par deux événements majeurs – la Première Guerre mondiale et l’arrivée d’Hitler au pouvoir -, le récit décrit par le menu le déclin d’une dynastie mais aussi les courants culturels et de pensée ainsi que les mutations économiques qui parcoururent ces décennies : expressionnisme, marxisme, communisme, socialisme, nazisme, antisémitisme, sionisme, féminisme, industrialisation…

Les échanges vifs entre les différentes générations sont le reflet de ces secousses.

Si j’ai apprécié l’acuité du panorama quasi exhaustif de ces soixante-dix années d’histoire, j’ai été moins séduite par les personnages tellement nombreux que leur psychologie n’est qu’effleurée.

Deux personnages sortent du lot : Paul, l’archétype du Juif tellement assimilé qu’il ne peut croire au projet délétère des nazis, et Waldemar, un humaniste « à l’ancienne » qui constate avec lucidité la disparition d’un monde.

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