Critique – Septembre noir – Sandro Veronesi – Grasset
Sandro Veronesi s’est fait connaître en France avec « Chaos calme » qui obtint le Prix Femina en 2008 après avoir reçu le Prix Strega, équivalent italien du Goncourt en 2006.
Dans « Septembre noir », son dernier roman, Luigi Bellandi, le narrateur, évoque l’année 1972, celle où tout a basculé pour le préadolescent de douze ans qu’il fut.
Topolino, c’est son surnom qui signifie petite souris, vit avec ses parents et sa petite sœur à Vinci en Toscane.
Son père avocat est accaparé par son métier et sa mère, d’origine irlandaise, est femme au foyer et élève ses deux enfants.
Comme il se doit pour une native de l’île verte, elle arbore une flamboyante chevelure et un teint diaphane moucheté de taches de rousseur qui fascinent les Italiens et dont la benjamine a hérité.
Le temps s’écoule avec insouciance entre l’année scolaire dans la petite ville qui vit naître le grand Leonardo et les vacances d’été à la mer dont les journées s’étirent entre farniente à la plage et sorties sur le bateau du père féru de voile.
Gigio a les goûts de son âge et de son genre : le sport, avec une prédilection pour le cyclisme.
Mais la présence sur le sable d’Astel, treize ans et fille d’un Italien et d’une Éthiopienne, va l’éloigner un temps de ses passions et éveiller chez lui les premiers émois amoureux et la naissance du désir.
Deux drames vont bouleverser l’existence du jeune garçon et signer la fin de l’enfance et de l’innocence ainsi que la prise de conscience de la violence du monde : l’un qui donne son titre au livre en référence à la prise d’otages et l’assassinat par des membres d’une organisation palestinienne de onze athlètes israéliens lors des JO de Munich ; l’autre d’ordre familial.
Avec une certaine mélancolie, beaucoup de tendresse pour ses personnages, une bonne dose d’émotions pour le lecteur et un regard cinématographique qui restitue avec force détails l’Italie des années 1970, Sandro Veronesi a composé un roman finement construit réussissant à se glisser dans la peau d’un enfant avec justesse.
Mais que de longueurs et de bavardages avant que le récit ne bascule dans le chaos annoncé !
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