Critique – Baignade surveillée – Laura Kasischke – Christian Bourgois
Depuis «À Suspicious River » (1997), je crois avoir lu quasiment tous les livres de Laura Kasischke.
J’attendais donc beaucoup de celle qui n’avait pas écrit de fiction depuis treize ans.
Je suis donc obligée d’avouer ma déception à la lecture de « Baignade surveillée », S’il s’était agi d’un premier roman, et non d’un texte composé par l’immense autrice de « Rêves de garçons » ou encore de « La Couronne verte », j’aurais été certainement plus indulgente…
Alors que les États-Unis sont captivés par le lancement d’Apollo 11 et du premier pas sur la lune de l’humanité permettant à la première puissance mondiale d’afficher sa supériorité sur le reste de la planète, Richie, cinq ans, se noie dans une piscine publique.
Dans une chronologie bousculée sont évoqués les prémices et le déroulement du drame. Signes et indices s’accumulent pour instiller un malaise. Dans le récit, chaque petit détail recèle une part de mystère, voire d’effroi.
Ces procédés narratifs, relevant d’une mécanique bien (trop) huilée, finissent par lasser.
Tous ceux qui ont été touchés par la disparition du garçon sont convoqués et leurs réactions analysées et, en premier lieu, celle qui aurait failli dans sa mission de maître-nageuse.
Trop jolie, trop blonde, trop préoccupée à se remettre du gloss au lieu de surveiller les baigneurs, la jeune femme est forcément coupable.
Comme souvent dans les textes de Laura Kasischke, et afin de mieux le dénoncer, les femmes sont la plupart du temps fautives, condamnées d’office par les hommes.
À l’instar du père de Richie affirmant à sa femme avec une mauvaise foi éhontée qu’elle est responsable de la mort de leur fils. En effet, si Marie avait encouragé son mari à assouvir ses ambitions professionnelles, le couple et leurs enfants auraient pu fréquenter un club privé doté d’une piscine ultra-sécurisée.
Comme si l’argent pouvait tout acheter, y compris le risque zéro !
Pour revenir à la forme chorale faite de courts chapitres, on peut aussi déplorer l’abondance de portraits qui n’apporte pas grand chose au roman.
Bref, je ressors frustrée par cette lecture.
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