Critique – Grand Maître – Jim Harrison

Critique – Grand Maître – Jim Harrison


J’avoue, à ma grande honte, ne jamais avoir ouvert un livre de ce que certains considèrent comme le plus grand écrivain américain vivant. Avec « Grand maître », son dernier opus, j’ai comblé cette lacune et, bien m’en a pris. D’emblée, « Grand Maître » se présente comme un « faux roman policier ». Inutile de le préciser car l’enquête sur un gourou amateur de très jeunes filles a peu d’importance . Celui qui fait la saveur de ce texte est Sunderson, un flic qui vient de prendre sa retraite et qui est séparée de sa femme depuis trois ans.

Depuis son divorce, il est obsédé par les femmes, y compris les plus jeunes même s’il a une certaine éthique qui l’empêche de sauter le pas. Car, côté morale, il est un grand adepte de la liberté à tout prix : il boit comme un trou, mange n’importe quoi, chasse, pêche et profite des grands espaces du Michigan mais aussi de l’Arizona et du Nebraska. Il est aussi un grand amateur d’Histoire et dévore en particulier les ouvrages sur le massacre des Indiens. Il faut dire que notre homme est diplômé de l’université.

Pour mener à bien son enquête, il est aidé par sa voisine Mona, une ado geek de 16 ans en mal d’affection, plutôt délurée et qui en pince pour ce sosie de Robert Duvall de 65 ans.

Roman sur le triangle infernal « sexe, religion et argent », « Grand Maître » est le très touchant portrait d’un homme seul qui se sent vieillir et qui porte sur le monde un regard désabusé et, finalement, très réaliste. Ses rêves érotiques suivis de parties de jambes en l’air ne sont que des moyens pour lui de reculer la déchéance promise et de tenter d’oublier Diane, sa femme, et Bobby, son petit frère disparu. On pleurerait presque avec lui à l’évocation de ces personnages.

Bref, j’ai tout aimé dans ce livre, y compris les passages les plus crus. Et l’humour, noir, est omniprésent. On passe du rire aux larmes sans problème.

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