Critique – Dictionnaire amoureux de Flaubert – Régis Jauffret – Plon

Critique – Dictionnaire amoureux de Flaubert – Régis Jauffret – Plon


C’est en « camarade » que Régis Jauffret, déjà auteur du « Dernier bain de Gustave Flaubert », a abordé la figure de celui qu’on a appelé à tort l’ermite de Croisset pour un « Dictionnaire amoureux » réjouissant.

Cinq années ont été nécessaires pour rédiger les dizaines de notules destinées à « rétablir la vérité sur cet homme que la postérité s’était chargée de peinturlurer » en le présentant comme un enfant triste et peu aimé devenu un adulte austère torturé par les affres de l’écriture.

La cerise sur le gâteau revient à Jean-Paul Sartre qui, dans « L’Idiot de la famille », décrit un Gustave jugé imbécile par sa famille !

Dans ce dictionnaire on (re)découvre un homme qui, malgré sa santé défaillante (épilepsie, syphilis), est joyeux et bon vivant. Portant l’amitié au-dessus de l’amour, il peut se révéler goujat avec la gent féminine.

Rentier assumé, il passe la majeure partie de son temps à préparer ses prochains livres en avalant des milliers de pages, à peaufiner son style si remarquable et à entretenir une abondante correspondance dont il aurait brûlé une bonne partie lors d’un autodafé jubilatoire.

Expansif, il peut agacer ses proches par ses excès et sa voix tonitruante.

Comme Flau Jau aime l’exagération et les digressions personnelles. Il s’est emparé de son sujet comme un ogre qui engloutit de la chair fraîche.

Forcément subjectif (on aurait aimé qu’il crée ou développe des entrées concernant ses voyages en Orient, en Bretagne, ses rapports avec la si bourgeoise ville de Rouen, son père ou encore Tourgueniev), ce dictionnaire érudit et souvent drôle, malgré quelques blagounettes pas toujours inspirées, fut un plaisir de lecture pour l’amatrice du géant normand que je suis.

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