Critique – Paradisi Gloria – Élise Lespade – Le Cercle ouvert

Critique – Paradisi Gloria – Élise Lespade – Le Cercle ouvert


« Paradisi Gloria » est l’un des romans importants de la rentrée littéraire de septembre : important par sa dimension avec ses près de huit cents pages et ses longues phrases enveloppantes et important par sa construction parfaitement maîtrisée, encore plus étonnante lorsqu’on apprend qu’il s’agit du premier roman de l’autrice qui avoue y avoir consacré sept ans.

Le récit s’ouvre au début de l’année 2025 sur une lettre qu’une détenue prénommée Zoé adresse à une certaine Isabelle, psychiatre de profession, l’implorant de lui trouver un bon avocat.

La jeune fille âgée de dix-neuf ans est accusée d’avoir tué son père.

C’est la destinataire de la missive qui va relater pour l’essentiel une histoire digne des plus grandes tragédies grecques où il est question d’une haine féroce entre deux frères attisée par l’irruption d’une femme libre, fascinante et mystérieuse sur fond d’inceste, de mensonges et de secrets qui ne font qu’amplifier le drame.

Nourrie d’ellipses, de digressions et d’allers et retours dans le temps, la narration fouille la psychologie des personnages et leur santé mentale tout en entretenant le flou sur leur sincérité, ce qui a pour conséquence pour le lecteur d’avoir l’impression d’être manipulé, impuissant qu’il est à saisir la vérité.

Mais, comme le disait Lacan, « Le réel, c’est quand on se cogne. »

Effectivement, parfois, cela peut faire très mal.

Et Élise Lespade n’épargne pas ses protagonistes en leur faisant perdre leurs rêves et leurs illusions.

Du grand art !

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