Critique – Quand ils devinrent des hommes – Kan Yao-Ming – Seuil

Critique – Quand ils devinrent des hommes – Kan Yao-Ming – Seuil


Je pense que je n’aurai pas eu forcément l’idée de lire un documentaire sur Taïwan.

Le pouvoir de la fiction est de nous faire voyager dans un pays via des personnages façonnés par l’imagination du romancier.

« Quand ils devinrent des hommes » est le premier roman traduit en français de Kan Yao-Ming. Auteur majeur du paysage littéraire de son île natale, il a été récompensé par plusieurs prix saluant son œuvre.

Soumis au Japon depuis 1895, le territoire que les Portugais baptisèrent Formose, qui signifie beau, en 1542, vit les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale.

Alors que les occupants se retirent de leur colonie, les Américains canardent à tout-va pour précipiter la fin du conflit.

Nous sommes à l’été 1945. Halmut et Hainunan ont quitté leur village montagnard pour suivre leur scolarité à Karen située au bord du Pacifique.

Les deux camarades, inséparables depuis l’enfance, partagent une passion pour le baseball. Halmut a une autre passion, cette fois-ci inavouable, pour son ami. Lorsque celui-ci est tué dans un bombardement, il ne parvient pas à surmonter son chagrin.

Bien décidé à rapporter les cendres de son compagnon à sa famille, il retourne dans la communauté Bunun à laquelle, lui et Hainunan, appartiennent.

Son deuil sera suspendu le temps de sa participation à une opération de sauvetage de prisonniers de guerre étasuniens dont l’avion s’est écrasé.

Récit d’une amitié et roman d’apprentissage, « Quand ils devinrent des hommes » est aussi une formidable plongée dans une civilisation qui entretient avec la nature une relation très étroite faite de respect et de superstitions.

La narration mêle harmonieusement une veine poétique teintée de surnaturel, des personnages souvent farcesques et des descriptions parfois très crues et d’une grande violence.

Je remercie Babelio et les Éditions du Seuil de m’avoir permis de lire ce livre qui est m’a ouverte à un pays et à une culture si éloignés des nôtres.

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