Critique – La nuit tombée sur nos âmes – Frédéric Paulin – Agullo

Critique – La nuit tombée sur nos âmes – Frédéric Paulin – Agullo


Après sa brillante trilogie (« La guerre est une ruse », « Prémices de la chute » et « La fabrique de la terreur ») consacrée à la genèse du djihadisme et à la diffusion du terrorisme islamiste en Occident, Frédéric Paulin se penche sur un épisode un peu oublié de l’histoire récente : le sommet du G8 à Gênes.

En cet été 2001, huit chefs d’Etat et de gouvernement représentant leurs pays respectifs sont attendus dans la capitale de la Ligurie.

L’objet de cette réunion : réduire la pauvreté dans le monde.

Des centaines de milliers de manifestants les attendent de pied ferme. Si l’opposition au capitalisme est le point commun à tous ces activistes, leurs objectifs et leurs méthodes d’action divergent. Aux côtés des altermondialistes d’ATTAC plutôt pacifistes, on trouve les trotskistes de la LCR mais aussi les Black Blocs aux méthodes violentes.

En face, des policiers et des carabiniers italiens, dont certains sont nostalgiques du fascisme, placés sous les ordres des sbires de Berlusconi qui aspirent, eux aussi, au retour à l’ordre mussolinien.

A la marge, les services secrets français, partisans de l’infiltration, qui surveillent avec effroi l’évolution des événements.

Pour incarner les forces en présence, Frédéric Paulin a mêlé personnages réels et de fiction.

Grâce au talent de conteur de l’auteur dont l’écriture journalistique est manifeste pour décrire avec précision le déroulement des faits, le lecteur a l’impression d’être « embedded » au cœur de Gênes et d’être spectateur de ces journées de juillet qui se soldèrent par l’assassinat de Carlo Giuliani à qui est dédié le livre, par des violences injustifiées et par des séances de torture pratiquées par les Italiens.

Eh oui, la torture a été pratiquée il y a un vingt dans un pays démocratique. Glaçant.

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